Classé dans : Animals, Chaeto, Evo-Devo, Hox, Paléonto, Phylogénie, Recherche

Depuis leur découverte au XVIIIème, les chaetognathes ont constitué une énigme… Bon nombre de zoologistes à commencer par Darwin se sont penchés sur la bête pour repartir aussi étonnés qu’ils étaient venus. La question principale demeurait celle des liens de parentés des chaetognathes, complètement isolés au sein des animaux ! Leur embryologie étonnante, leur plan d’organisation si original et si conservé au sein du phylum n’ont apporté aucune réponse à cette question, au contraire !
Après plusieurs échecs la phylogénie moléculaire paraît aujourd’hui avoir apporté une réponse un tant soit peu satisfaisante à l’interrogation primordiale, en rattachant les chaetognathes à la base de l’une des grande lignée d’animaux bilatériens, les protostomiens qui incluent en autre les insectes, les annélides et les mollusques, comme nous l’avons montré en 2006 en utilisant des données génomiques. Cette divergence précoce a été confirmée par plusieurs études publiées ultérieurement comme celle d‘Hervé Philippe ou Bernhard Hausdorf mais également par la caractérisation par David Matus de 2 gènes Hox postérieurs qui ne présentent aucune des signatures caractéristiques des protostomiens classiques (lophotrochozoaires et ecdysozoaires).
Pourtant, malgré ce succès, une grande partie du mystère demeure en ce qui concerne l’origine des caractéristiques embryologiques et morphologiques du chaetognathe. Sont-elles ancestrales comme le suggère la position phylogénétique récemment obtenu ? Par ailleurs, comment expliquer l’étonnante conservation de ce phylum qui paraît avoir survécu presque sans changement morphologique depuis le cambrien inférieur, c’est à dire le moment de l’apparition des animaux bilatériens eux-mêmes. Les efforts récents pour tenter d’apporter des réponses à ces questions passent par l’étude des gènes impliqués dans la mise en place de ce plan d’organisation et en particulier de leur expression.
Pourtant, malgré cette reformulation moléculaire, l’énigme des chaetognathes reste entière et nous renvoie aux profondeurs de la radiation cambrienne. La difficulté de travailler sur ces organismes minuscules dont la vie planctonique rend la capture en grosse quantité impossibles rajoute à cette impression de mystère insondable. Ces difficultés ont retardé les programmes de recherche lancés par des laboratoires prestigieux pendant des années. Au cours de récentes discussion informelles ont même conclu que “les chaetognathe est un modèle difficile, peut être même trop difficile “. Faudrait-il même y voir une malédiction du même ordre que celle de Cthulhu ? Espérons que non !
Pour se tenir au courant des avancées récentes, le site de mon équipe de recherche http://chaetognaths.free.fr
Pour en savoir plus, vous pouvez vous reporter à l’article de wikipedia qui a été en grande parti réalisé par Daniel Papillon et moi-même http://fr.wikipedia.org/wiki/Chaetognatha
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[...] ! Entre temps, notre article sur la description de nouvelles caractéristiques du génome des chaetognathes est sorti. Ce papier est basé sur une analyse approfondie de données ESTs et BACs (séquençage [...]
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