Culte du cargo et panspermie

2008 septembre 19
by Ferdi

J’ai récemment découvert avec un vif intérêt le culte du cargo au fil de mes lectures diverses. Cet ensemble de croyances s’est développé dans des sociétés tribales, notamment mélanésiennes, mises soudainement en contact avec une technologie avancées, en particulier lorsque l’armée américaine s’installa sur de nombreux îles du Pacifiques, amenant en grande quantité des biens de consommation. Ce culte a pu être considéré comme une réaction de défense: les objets techniques et le bien être qu’ils assurent sont perçus comme des dons en provenance de divinité ou d’ancêtre de leur propre culture et non pas comme le produit de la civilisation des hommes blancs, réduits au rôle de passeurs, voire même de voleurs  de l’héritage des ancêtres !

Mais cette étrange mythologie m’a cependant fait fortement penser une hypothèse tenace quant à l’origine de la vie, celle de la panspermie qui lui attribue une origine extérieure à la terre. Cette hypothèse très ancienne a été récemment mis au goût du jour récemment, par Fred Hoyle, l’inventeur de la théorie du big bang ou Francis Crick co-découvreur de la structure de l’ADN. Une assez forte analogie existe à mon sens entre ces deux problèmes: dans les deux cas, comment expliquer l’origine de systèmes – technique ou biologique – trop complexe pour être appréhender directement ? Le fait d’attribuer l’origines de ces systèmes à un ailleurs, qu’il soit mythologie (les ancêtres) ou spatio-temporel (long long ago in a galaxy far far away), revient à nier notre capacité d’investigation au profit d’une incertitude rassurante. La science se distingue du mythe, non pas forcément par son contenu, mais par ses méthodes: seuls les faits susceptibles d’être appréhendés par l’expérience peuvent être évalués. Et renvoyer la vie à une origine extra-terrestre revient typiquement à abandonner tout espoir immédiat de percer son secret, ce qui serait bien décevant !

Une réponse leave one →
  1. 2008 décembre 20
    Bastien lien permanent

    Dans l’album Melody Nelson (vers la fin), Serge Gainsbourg fait référence à ce culte.
    C’est tout ce que j’avais à dire.
    A bientôt à Lyon ou à Berkeley !

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