Evolution: quelle part au désastre ?

2009 février 9
by Ferdi

A l’heure où notre président pointe du doigt la médiocrité chronique de la recherche française en des termes particulièrement crispants, je prêche pour ma paroisse en évoquant le rang dans le classement mondial d’un domaine souffrant d’un sous financement chronique, la biologie de l’évolution. Une note publiée dans LabTimes rend compte des performance mondiale en termes de publication pour la biologie de l’évolution entre et place la France au 3ème rang mondial dans le domaine avec 55 130 publications, derrière l’Angleterre (79 852) et les Etats-Unis (291 615), avec un taux de citationde 16,3 citations par articles, tout à fait respectable (14 pour les US). Plusieurs auteurs appartiennent à la liste des 30 plus cités, comme Manolo Gouy à Lyon ou Pierre Taberlet à Grenoble ou Anders Pape Møller à Paris et de la même façon, le papier de Stéphane Guidon & Olivier Gascuel introduisant le programme PhyML est le 5ème plus cité du domaine avec 1 118 citations…

Ces résultats plus qu’honorable étant obtenus avec des financements extrêmement réduit puisque la seule opportunité  est bien souvent une ANR blanche qui retient généralement 4 à 5 projets par an.  Les autres doivent se débrouiller avec les dotations de bases ou bien utiliser des projets alimentaires plus appliqués pour remplir les caisses!! C’est bien toute l’ambiguïté de la politique française de recherche qui transparaît à travers cet exemple. En effet, les politiques souhaiteraient d’un côté diriger d’une main de fer le travail des chercheurs vers des projets appliqués censés avoir un intérêt social ou économique à court terme, ce qui revient à spolier les disciplines fondementales, et de l’autre, ces mêmes politiques reprochent une baisse de niveau et de quantité des publications, préjudiciable dans les grands classements internationaux comme celui de Shangaï, alors même que ce sont les disciplines fondamentales, comme la biologie de l’évolution, qui suscitent le plus de publications, en particulier dans les revues prestigieuses. 

L’existence d’une pensée en marche est le rempart le plus ferme contre l’intolérance et l’obscurantisme. L’évolution est sans doute l’un des points d’achoppement les plus tendus avec les intégrismes, comme en atteste la récente offensive créationiste en France qui pourrait sonner comme une alarme pour soutenir la recherche dans notre domaine.

Une réponse leave one →
  1. 2009 février 20

    Intéressante la note de labtimes.
    Sinon je ne pense pas que la biologie de l’évolution soit la seule discipline souffrant d’un sous-financement chronique (malheureusement) mais c’est vrai qu’en plus de faire de la recherche, vous devez vous battre devant le grand public pour dénoncer les dérives créationnistes.

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